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Antipsychiatrie et politique

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Il y avait dans ce mouvement anglais une sorte d’engagement héroïque à se situer dans le paradoxe d’une opposition à une société aliénante avec toutes les normes et l’orthodoxie qu’elle exige, associée à une identification au malade mental qui serait finalement le personnage sain en face de ladite société malade.

Mais il est finalement plus facile de participer à la révolte de celui-là qu’à la réforme de celle-ci.

À vouloir trop critiquer la psychiatrie traditionnelle, on risque sans doute d’oublier de se mettre en cause et d’analyser sa propre agressivité.

En orientant celle-ci dans le même sens que celle du malade, on supprime le problème de sa propre angoisse en face de lui.

On est « avec les malades » contre l’institution, l’administration, la société.

Mais on n’a pas pour autant supprimé le problème de la folie.

On s’est seulement acheté à bon marché une bonne conscience.

Or, on sait que cette bonne conscience n’est rien d’autre qu’un False Self, siège par excellence de la plus profonde méconnaissance de soi.

On entretient ainsi sa méconnaissance des motivations du psychiatre en la matière, de sa culpabilité à rester du « bon côté » et à tirer son épingle du jeu, voire « de son agressivité inconsciente qu’il s’agit d’annuler en s’identifiant à l’agressé (là où peut-être le psychiatre de tradition s’identifierait  à l’agresseur), en tout cas de son malade en toute relation de pouvoir, ici négativée par l’engagement antipsychiatrique » (J. L. Faure et E. Ortigues).

Il y a en effet, dans toute institution thérapeutique, une relation de pouvoir de plus en plus difficile à préciser, mais qui
ne peut en aucun cas être escamotée.

Et c’est à partir de la philosophie sartrienne que Laing et Cooper se sont efforcés de l’analyser politiquement.

Ils connaissaient parfaitement l’oeuvre de Sartre, beaucoup mieux que la majorité des psychiatres français.

Ils lui ont d’ailleurs consacré un ouvrage intitulé Raison et Violence : une décennie de la philosophie de Sartre, pour lequel le philosophe leur a écrit un avant-propos.

Ils y étudient la Critique de la raison dialectique, Questions de méthode et Saint Genet, comédien et martyr.

Déjà en 1960, dans le Moi divisé, Laing tenait à décrire en termes existentiels et relationnels la maladie mentale et, plus spécialement, la schizophrénie.

Sans négliger l’oeuvre de Freud, il cherchait à montrer que la société occidentale ne réprime pas seulement les instincts et la sexualité, mais aussi toutes les formes de transcendance.

« Un homme, écrit-il, qui préfère être mort plutôt que communiste est normal. Un homme qui déclare qu’il a perdu
son âme est fou.

Un homme qui dit que les hommes sont des machines peut être considéré comme un grand scientifique.

Un homme qui dit qu’il est une machine est «dépersonnalisé» selon le jargon psychiatrique.

Un homme qui proclame que les nègres sont une race inférieure peut être largement respecté.

Un homme qui prétend que sa blancheur est une forme de cancer risque de se faire interner. »

Et Cooper, en retournant le concept de santé mentale, abondait dans le même sens : « La santé mentale telle que je la conçois, c’est la possibilité pour tout être humain de s’engager non seulement jusqu’au coeur de la folie, mais encore au coeur de toute révolution trouvant dans cette voie-là une solution à la préservation du moi. »
Il n’y avait donc rien d’étonnant à ce que

les antipsychiatres anglais s’engagent ainsi dans une voie authentiquement révolutionnaire.

Et les actes du Congress on the Dialectics of Liberation tenu à Londres en 1967 sont sur ce point très éloquents.

On y retrouvait, à côté de Laing et de Coo-per, H. Marcuse et S. Carmichael.

Le but de ce congrès était de « créer une véritable conscience révolutionnaire en joignant l’idéologie à l’action sur les individus et sur les masses sans refuser la violence si elle est nécessaire ».

Mais il semble que l’accord n’y ait pas toujours été complet, et les perspectives de Carmichael y sont nettement
plus « engagées » que celles de Cooper.

Les antipsychiatres semblaient pratiquer un anarchisme somme toute assez utopique.

Il est difficile de voir un acte de résistance vraiment sérieux et dangereux dans le fait, comme ils le conseillaient, de déchirer publiquement le quotidien « pourri » qu’ils venaient d’acheter chez leur marchand de journaux.

Et le mouvement antipsychiatrique anglais allait sombrer dans cette utopie.

Ce ne fut pas le cas en Italie, où le même mouvement allait conduire à la disparition de l’asile, en étant d’ailleurs encore plus politisé.

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