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ARGUMENTATION

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Construction linguistique de la connaissance, pour soi et pour autrui, à travers l’opposition entre différents points de vue.

L’étude de l’argumentation remonte à la Grèce classique et à une longue histoire.

Selon R. Barthes (1985), l’empire de la rhétorique (l’art et la technique de l’argumentation) commence avec Gorgias au Ve siècle avant J.-C.

Avec son cercle de sophistes, celui-ci enseignait aux jeunes Athéniens comment construire et présenter un argument un talent indispensable pour réussir dans la vie publique.

Ainsi, la rhétorique et l’argumentation étaient surtout des outils pratiques.

Pour Aristote également, dont l’Art rhétorique essayait de systématiser ces techniques, la rhétorique était l’étude des moyens de persuasion.

Jusqu’au XIXe siècle (selon Barthes, jusqu’au règne de Napoléon III), la rhétorique est demeurée l’un des sujets centraux des écoles et des universités.

Bien que l’étude pratique de l’argumentation ait été supplantée par le développement de nouvelles sciences de l’action humaine y compris la psychologie, la psychologie sociale moderne a continué à se poser les mêmes questions que Gorgias et Aristote.

Comme eux, les recherches fondatrices sur la persuasion et le changement des attitudes (C.I. Hovland, I.L. Janis et H.H. Kelley, 1953 ; R.E. Petty et J.T. Cacioppo, 1981) ont pris en compte l’importance de la crédibilité de la source et de l’organisation des arguments ; les vertus respectives de l’argumentation bipolaire et unipolaire, du fait d’apparaître sûr de soi ou d’admettre un peu d’incertitude ; l’efficacité des arguments basés sur des menaces relativement aux messages basés sur des promesses.

Mais, bien qu’ils s’intéressent aux mêmes problèmes, les rhétoriciens et les psychologues les ont abordés de manières différentes.

Les psychologues cherchaient des lois générales déterminant l’efficacité des messages.

Pour eux, il n’était pas important que l’argument concerne les affaires politiques ou la publicité.

Leur intérêt s’est porté plus sur la forme que sur le contenu de l’argument.

Les rhétoriciens, par contraste, se sont préoccupés de la particularité des arguments.

Pour eux, des règles générales seraient ou bien impossibles, ou bien banales.

Il faudrait plutôt savoir façonner ses arguments pour chaque situation.

Dans cette perspective, le contenu est de toute première importance, au-delà des procédures langagières par lesquelles on construit ses arguments.

Ce contraste peut être illustré par l’exemple des travaux sur la crédibilité.

Dans les expériences de Hovland et ses collègues, la crédibilité est prise pour une donnée, et la question est de savoir si sa présence augmente la persuasion.

Pour Aristote et les rhétoriciens, la crédibilité elle-même est en question : comment peut-on utiliser son discours pour se présenter comme crédible, comme digne de confiance ou comme expert ?

Cet aspect du constructivisme linguistique est à l’origine d’un regain d’intérêt pour la rhétorique.

En effet, depuis L. Wittgenstein, la perspective linguistique a pris une très grande importance dans les sciences humaines.

Son principe est qu’on ne comprend le monde que par l’intermédiaire du langage.

De plus, le langage n’est jamais neutre. (! LANGAGE.)

La façon dont nous parlons du monde représente toujours une version de la réalité et d’autres versions sont toujours possibles.

Par conséquent, on ne peut pas comprendre le monde directement ; pour étudier nos connaissances, il faut étudier le langage.

Ces idées ont été introduites en psychologie par des théoriciens tels que Gergen, Shotter et Simon. Mais c’est surtout au travers
des travaux sur l’analyse du discours (J. Potter et M. Wetherell, 1987) qu’elles ont été développées sur les plans empirique, méthodologique et théorique.

Le point de départ de ces recherches est que certains phénomènes, qui sont pris pour des structures intrapsychiques par la psychologie traditionnelle, sont en fait construits au travers du discours.

L’analyse est fondée sur trois principes : action, construction et variabilité.

En psychologie, on a coutume de considérer le langage comme un milieu dans lequel on peut observer des faits psychologiques sous-jacents. Par exemple, les réponses que l’on donne sur un sujet quelconque véhiculeraient nos attitudes sur ce sujet. Mais, pour les analystes du discours, le langage n’est pas le véhicule neutre de réalités intérieures.

Le langage est de l’action : en disant et en écrivant des mots, nous exécutons des actions sociales.

Ces actions dépendent de la façon dont nous construisons nos discours sur la base de nos compétences linguistiques, et l’analyste s’intéresse au processus de construction et à son rapport avec les actions que nous voulons réaliser.

Et, puisque ces actions vont varier en fonction des contextes d’interaction, les versions que nous construisons vont, elles aussi, varier.

La psychologie rhétorique (M. Billig, 1996) développe l’idée que nos constructions sont fonction de nos relations sociales.

Billig propose qu’on ne peut pas avoir une attitude en l’absence d’une argumentation.

(! 2. ATTITUDE.) Par exemple, de nos jours, demander à quelqu’un son idée à propos de la forme de notre planète n’a aucun sens.

Personne ne pense qu’elle est plate, tout le monde sait qu’elle est ronde.

Ainsi, nous n’avons d’attitudes que dans le contexte d’une controverse publique.

Une attitude est en faveur de quelque chose parce qu’elle est opposée à quelque autre chose.

Cela signifie qu’il faut considérer les attitudes comme des arguments.

Il faut prendre au sérieux le langage au travers duquel ils sont construits, et il faut analyser ces arguments dans leur organisation conflictuelle.

Cependant, pour Billig, il ne faut pas limiter la pertinence de l’argumentation à des situations où les gens se disputent en public.

Il cite ainsi l’un des dialogues de Platon qui dit : « La pensée et la parole sont une seule et même chose ; seul existe le fait qu’on a donné à celle-là, qui est une conversation silencieuse et interne de l’âme avec elle-même, le nom particulier de pensée.»

Ainsi, la pensée elle-même est de forme argumentative.

Au lieu de raisonner en droite ligne, nos pensées sont organisées en dilemmes.

La pensée privée, comme l’argument public, consiste à créer des arguments et des contre-arguments, en les utilisant pour résoudre des dilemmes.

Étant donné ces similitudes, on peut voir les estocades du débat comme les processus de la pensée elle-même (Billig, 1992).
Au centre de ces processus, on trouve le principe de catégorisation. (! CATÉGORISATION SOCIALE.) Billig s’attaque à la psychologie classique de la catégorisation sur deux fronts.

D’abord, il soutient que l’orthodoxie ne s’est préoccupée que de l’un des deux aspects pertinents du phénomène.

En effet, tous les efforts ont visé à montrer en quoi les êtres humains sont prédisposés à classer les objets (et les gens) ensemble dans des catégories et cela pour simplifier un monde qui autrement serait trop compliqué. Mais, selon la psychologie rhétorique, il faut ajouter à ce processus bien connu de catégorisation le processus de particularisation.

Tout en appliquant l’accentuation des similitudes entre les choses (catégorisation), les gens sont également sensibles à la différenciation entre un exemplaire et une catégorie (particularisation).

Même ceux que l’on penserait les plus prédisposés à catégoriser se montrent capables d’être souples et de particulariser.

Il en est ainsi du raciste qui affirme que « quelques-uns de ses meilleurs amis sont des Noirs ».

En second lieu, Billig s’attaque à la conception classique de la catégorie elle-même.

Dans les modèles cognitifs et sociocognitifs, comme celui de Rosch, la définition de la catégorie est considérée comme une donnée.

Elle peut être floue aux marges, mais le noyau est ferme.

Or, selon la psychologie rhétorique, la définition d’une catégorie relève, dans tous ses aspects, du domaine de l’argumentation.

La catégorisation et la particularisation sont donc ouvertes à l’argumentation.

Cette argumentation peut prendre plusieurs formes.

En décidant si un exemplaire est membre d’une catégorie ou pas, on peut discuter de la nature du particulier, de la nature de la catégorie, et on peut même discuter de la nature de la discussion.

Les possibilités de discussion ne s’épuisent jamais…

Pour la psychologie rhétorique, l’argumentation n’est pas simplement un phénomène limité, mais un modèle général et plus encore, Billig propose que l’esprit d’argumentation donne éventuellement sa forme non seulement à ce que nous étudions mais aussi à nos propres procédures scientifiques.

Considérant, suivant Protagoras, que, si l’on avance un argument, il faut toujours accorder un poids égal au contre-argument, on peut poser dans cet esprit deux questions liées à la psychologie elle-même.

Si l’argumentation est toujours possible, n’y a-t-il pas également des situations où les discussions s’arrêtent et où il faut analyser les conséquences des définitions établies ? Et, s’il faut prendre au sérieux la construction linguistique des arguments, les arguments ne trouvent-ils leur réponse que sur un plan linguistique ?

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