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ARRIÉRATION MENTALE

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Carence d’intelligence congénitale ou précocement acquise, qui se caractérise par un fonctionnement intellectuel global significativement inférieur à la moyenne générale de la population, associé à des déficiences des conduites adaptatives entraînant une incompétence sociale, ou incapacité de s’adapter correctement aux exigences du milieu.

PSYCHIATR. Il y a dans cette définition deux dimensions de l’arriération : celle du retard de développement intellectuel et celle de l’insuffisance du comportement adaptatif.

La première correspond à la classification traditionnelle reposant sur la mesure du quotient d’intelligence (Q.I. de W. Stern) grâce à l’échelle métrique d’intelligence créée en 1905 par A. Binet et T. Simon, perfectionnée par L. Terman en 1937 et modifiée dans les échelles actuellement utilisées comme celle de Brunet-Lézine, ou celle de Wechsler adaptée aux enfants (WISC).

On définit le niveau intellectuel comme une variable définie par le quotient, exprimé par un nombre, de l’âge mental par l’âge chronologique et donc théoriquement égal à 100 chez le sujet normal (et supérieur à 100 chez les sujets « doués »).

On distingue alors :
– les arriérés profonds, dont le Q.I. reste inférieur à 30 ; ce sont les « idiots » décrits par J. Esquirol, qui n’ont ni langage, ni contrôle sphinctérien suffisant, ni autonomie psychomotrice ; réduits à une vie végétative, ils sont totalement dépendants du milieu et parfois grabataires ;
– les débiles profonds, dont le Q.I. se situe entre 30 et 50 ; ce sont les classiques « imbéciles » ou « crétins », qui n’ont qu’un langage rudimentaire et ne sont que partiellement éducables ;
– les débiles moyens, dont le Q.I. se situe entre 50 et 70 ; susceptibles d’une certaine autonomie et semi-éducables, ils présentent souvent de gros troubles de la compétence sociale et une grande instabilité caractérielle ;
– les débiles légers, dont le Q.I. va de 75 à 85 ; ils sont éducables dans le cadre d’une scolarité spécialisée et peuvent acquérir une autonomie sociale (ils sont capables d’apprendre un métier simple et de l’exercer correctement si les conditions du milieu ne sont pas trop exigeantes).

On comprend que cette dernière catégorie a été l’occasion de critiquer la notion d’arriération, dont la limite supérieure paraissait surtout liée à des critères sociaux, une société aux normes scolaires plus élevées risquant de sécréter plus de « débiles » qu’une autre.

Et il est certain que la loi de J. Ferry, en rendant l’école obligatoire pour tous, a fait apparaître une population d’enfants
« inadaptés scolaires » qui, jusque-là,s’adaptaient fort bien à un milieu professionnel analphabète.

C’est pourquoi une classification des arriérations mentales par le quotient d’intelligence est à la fois arbitraire, inexacte et insuffisante.

Et « seule une étude clinique attentive, appuyée sur de larges références théoriques, peut, dans chaque cas, situer le jeu complexe des conditions et facteurs en cause » (R. Misès, R. Perron et R. Salbreux).

Les causes sont effectivement multiples. Certaines sont organiques (enzymopathies héréditaires comme la phénylcétonurie, détectée par le test de Guthrie, encéphalopathies endocriniennes, phacomatoses, trisomie 21, embryo-foetopathies multiples et souffrance périnatale) ; d’autres sont surtout psychogénétiques, assez proches dans leur développement des évolutions psychotiques ou dysharmoniques de l’enfance.

Le plus souvent, les facteurs étiologiques sont intriqués et il n’est pas rare d’assister à la « débilisation secondaire » par le milieu de certaines déficiences limitées au départ.

Actuellement, une meilleure connaissance génétique et neurobiologique permet de mieux comprendre certaines formes organiques et, donc, de les prévenir et de les traiter plus efficacement.

La théorie psychanalytique a pu, sur un autre plan, donner un meilleur éclairage sur la psychogenèse et orienter ainsi les abords psychothérapiques et éducatifs de l’arriération.

Enfin, une analyse critique du milieu familial et institutionnel où vit l’enfant arriéré (M. Mannoni) a souvent su éviter cette débilisation secondaire qui s’avère si néfaste pour son avenir.

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