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La psychanalyse à l’épreuve de la toxicomanie

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Néanmoins, on peut se demander si l’approche psychanalytique est bien adéquate pour le traitement des toxicomanes, eu égard d’une part à la problématique spécifique de ces sujets, et, d’autre part, à l’indicible de l’expérience de la drogue.

Le toxicomane existe-t-il en tant que tel ?
En réalité, « le » toxicomane n’appartient à aucune catégorie psychiquement isolable, puisqu’il n’existe aucun modèle de personnalité unique qui constituerait la personnalité toxicomaniaque.

La dépendance vient seulement se greffer sur telle ou telle structure de personnalité, les états limites* représentant un terrain privilégié.

On peut mettre néanmoins en évidence un certain nombre de caractères communs aux divers aménagements rencontrés dans la clinique : dépressivité, quête d’identité* et difficultés d’élaboration psychique.

Le psychiatre Claude Olievenstein revendique une spécificité de la toxicomanie et de son approche, qu’il qualifie de « clinique de l’intensité ».

Le toxicomane présente, à ses yeux, une part malade et une part non malade, puisque chez lui le stade du miroir* est en réalité brisé.

Chez les sujets dépendants, on assiste à une perturbation du premier moment de la formation du moi, qui se définit par une identification à l’image d’autrui.

Le recours à l’addiction constitue-rait par la suite une tentative « magique » pour pallier le défaut de représentation intériorisée d’une mère adéquate.

Ces carences de l’intériorisation se retrouveraient également dans les comportements de type anorexie-boulimie.

Dans le développement normal de l’individu, le sujet doit faire passer ses objets d’amour externes, ainsi que les qualités liées à ces objets, à l’intérieur de lui-même : c’est ce que l’on appelle le processus d’introjection.

Pour les psychanalystes Nicolas Abraham et Maria Torok (1978), si ce processus d’introjection ne peut avoir lieu, le fantasme d’incorporation viendra s’y substituer pour réaliser au sens propre ce qui n’a normalement de sens qu’au figuré.

Cela expliquerait ces comportements étranges et frénétiques où le sujet va chercher compulsivement à s’introduire dans le corps les objets les plus divers : nourriture, alcool, aiguille de se-ringue* (kentomanie*), toxiques.

Cette incorporation forcenée supprime l’angoisse de morcellement* en redonnant pour un temps aux sensations corporelles un semblant d’unité.

Ces pratiques ont ainsi pu être envisagées comme des tentatives d’autoprotection contre la menace de morcellement psychotique, comme le souligne le psychiatre Aimé Charles-Nicolas (1985) : le surinvestissement compulsif du corporel, par la recherche de sensations extrêmes, vient se substituer à la relation d’objet.

La toxicomanie constitue une stratégie possible pour se mettre à l’abri des réactions imprévisibles de l’objet, en tant qu’il est lui aussi un sujet. Avec le toxique, aucune réciprocité n’existe : inerte et dépourvu de sensibilité, il n’est pas à même d’éprouver quoi que ce soit pour qui que ce soit…

La blessure du rejet ou de la perte n’est dès lors plus à craindre.

Paradoxalement, il s’agit en somme d’établir une relation passionnelle à une chose privée de conscience, plutôt que
de risquer d’être abandonné par le sujet aimé.

La rencontre avec l’autre est vécue comme trop dangereuse pour les sujets addictifs.

On repère chez eux ce que le psychiatre Philippe Jeammet a nommé (1991) une « néorelation d’objet addictive ».

La relation duelle étant vécue comme trop menaçante, l’intensité nécessaire au plaisir se trouve évacuée du champ inter-relationnel et déplacée sur le toxique, sur les conduites de risque, sur le jeu avec le manque.

La clinique des toxicomanes est essentiellement paradoxale, et nombre de soignants voient dans le processus de la toxicomanie une dimension autothérapeutique.

En effet, le recours au toxique peut être considéré comme une autoconservation paradoxale, la drogue étant à la fois remède et poison.

Jouir et manquer À travers la diversité des pathologies addictives, la psychanalyste Piera Aula-gnier (1979) repère une même souffrance compulsive accompagnant l’activité de la pensée.

Le retour périodique de la douleur du manque entraîne une réapparition des limites corporelles, aiguisant la perception de la réalité : la souffrance constitue ainsi pour le sujet une preuve de son existence.

La non-satisfaction du besoin engendré par le manque permet alors d’échapper à la mort psychique.

C’est précisément du manque que le sujet a peur, selon Claude Olievenstein (1987), le manque lui-même devenant alors objet de désir (ce qui inverse la réflexion classique sur la drogue).

Dans son Séminaire sur l’angoisse (1962-1963), Lacan indiquait déjà qu’il n’y a pas – et pour cause – d’image du manque.

Par définition même, le manque ne peut se figurer, et c’est lorsqu’apparaît quelque chose en son lieu et à sa place que le manque vient à manquer et que surgit l’angoisse.

La drogue constitue donc en fait, de façon inversée, le révélateur du manque.

Chez le toxicomane, elle viendrait en effet saturer la place vide laissée par le manque.

Le moyen le plus efficace de lutter contre l’angoisse serait de se sentir manquant à nouveau.

Malgré la nouvelle dépendance ainsi créée, les toxicomanes tentent de réunir les conditions nécessaires à l’émergence du désir, afin de se sentir vivant, dans un jeu perpétuel avec le vide et avec le plein,que la philosophe Giulia Sissa met en relief en soulignant l’ambiguïté du vécu de la défonce* toxicomaniaque.

Ce n’est peut-être pas à proprement parler le manque en tant que tel que les toxicomanes recherchent, même s’il existe toute une culture de l’expression douloureuse de ce manque.

En réalité, il y a peut-être une mise en péril constante de leur satisfaction, de même qu’ils mettent en péril leur corps,
leur existence et leur pensée même.

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